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Bienvenue sur le site de Charles Pataya, osc

Je m’appelle Charles Pataya. Je suis né à Katetsa  dans le Nord – Kivu en République Démocratique du Congo. Je viens d’une grande famille chrétienne et j’ai bénéficié de cette éducation familiale chrétienne. Après mes études primaires à l’E.P. Vikala, je suis allé à l’Institut Imara de Kirumba où j’ai obtenu mon diplôme d’Etat A2  en Sciences Commerciales et Administratives (1990).   

 

L’année 1991, je suis entré au postulat des Pères Croisiers où après le noviciat j’ai  fait mes premiers vœux le 14 septembre 1994. Après ma formation philosophique et théologique, j’ai fait mes engagements solennels dans l’Ordre se la Sainte Croix le 14 septembre 2000.

 

 

 

 

 


Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 20:26

COMMEMORATION DE NOS CONFRERES-MARTYRS.

 

Chaque année, nous nous souvenons de nos confrères Croisiers, tués pendant les années de rébellions au Congo et en Irian-Yaya.

Cette année-ci cette commémoration a eu lieu, samedi le 29 mai, dans l'église Sainte Croix à Runkst-Hasselt, où se trouve un mémorial perpétuant le souvenir de leur don total pour apporter à d'autres peuples la Bonne Nouvelle du Christ.

Il y a nonante ans que les premiers Croisiers sont partis pour le Congo. Assez vite, d'autres confrères les ont suivis et le diocèse de Bondo est devenu un exemple d'engagement missionnaire, dans différents domaines : paroisses, enseignement, soins médicaux etc. Nos confrères ont cherché l'aide des Frères de Saint Gabriel pour l'enseignement et de deux congrégations de sœurs pour l'éducation des filles et pour des soins de santé.

Tout ce travail fut dérangé brutalement par des rébellions dans les années 1964-1967, dont nos confrères sont devenus les victimes. Deux confrères et une sœur Ursuline furent tués à Dakwa, le 25 novembre 1964. A Buta (200 km de Bondo) 31 missionnaires furent tués le 30 mai 1965 parmi eux, 21 Croisiers, 7 Frères de St Gabriel et 3 Pères Capucins du diocèse de Molegbe.

img_0011.jpg   Encette même année, le 28 janvier, notre confrère Jan Smit fut abattu par un policier, à Agats en Irian-Yaya.

Malgré cette "page noir" dans l'histoire des Pères Croisiers, nos confrères ont recommencé leur travail, et à Bondo et à Agats.

En 1984, quatre confrères sont allés fonder une nouvelle communauté de Croisiers dans le diocèse de Beni-Butembo. A l'heure actuelle, il y a 80 Croisiers congolais. Ici, nous pouvons dire que le vieil adage :"Le sang des martyrs est semence de nouvelles vocations" s'est réalisé vraiment au Congo.

C'est à nous tous de soutenir cette jeune communauté de Croisiers par nos prières et par notre solidarité.

       Je voudrais terminer cet article par un extrait d'une homélie, prononcée par un de nos confrères-missionnaires, peu après le massacre à Buta.

Extrait d’homélie C'est pour annoncer la Bonne Nouvelle que nos missionnaires sont partis vers des terres étrangères. Certainement sans se douter que c'est dans leur propre vie qu'allait se réaliser si durement la parole du Christ « Rappelez-vous la parole que Je vous ai dite le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » ( Jn 15, 20).

Ici se cache le mystère de leur mort tragique. Un jour, un homme innocent fut crucifié Jésus-Christ. Il venait nous apporter le bonheur et la vie divine ; et pour cet idéal, il était prêt à tout subir, même la mort. Il fut tué par les hommes.

 

Par Charles Pataya E'Mbangi - Publié dans : charlespataya
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 11:20

Ordre de la Sainte Croix: 800 ans

 

C’est depuis 1210 que l’Ordre de la Sainte Croix existe. Son fondateur, le Bienheureux Théodore de Celles (1166 – 1234), jugea bon de se retirer de la Cathédrale de Liège, où il était chanoine et entreprit l’initiative de commencer une nouvelle forme de vie religieuse.

 

C’est avec quatre compagnons, prêtres comme lui, qu’il commence un nouveau parcours.  Ils se retirent au lieu dit Clarus locus, Clairlieu, près de Huy, en province de Liège. Il est épris de la sainte Croix, symbole suprême de l’amour du Christ pour l’humanité. La source d’inspiration et d’action apostolique pour cette nouvelle communauté de Chanoines réguliers sera la Croix, sommet de la Croix. Un choix qui, en partie, est aussi en réaction à la vie facile et parfois licencieuse de certains membres du clergé.

Les gens les appelleront "Frères de la Sainte-Croix ; Porte -Croix ou Croisiers". Pour consolider leur jeune communauté, les Croisiers adoptent la règle de Saint Augustin. Le Pape saint Innocent IV approuve les Constitutions de l’Ordre en 1248. De la Belgique, l’Ordre de la sainte Croix a pris le large.  En peu de temps, il est présent en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre. Les prieurés ne comptent, en général, qu’une dizaine ou une douzaine de membres, des prêtres, des frères.

A la fin du 14ème siècle, l’Ordre pâtit sous les coups du schisme occidental et de la guerre de Cent ans. Mais au chapitre général de 1410, une profonde réforme voit le jour sous l’influence de la Devotio Moderna, un courant novateur aux Pays-Bas. Le 15ème siècle sera un siècle d’or pour l’Ordre, avec de nombreuses fondations nouvelles qui deviennent des centres de spiritualité et de culture.

Suivront aussi des moments sombres, tumultueux, de crise, voire même de déclin. Au XVIII siècle, la Révolution française faillit lui donner le coup de grâce.

 

Comme une flèche!

Et pourtant, l’Ordre est toujours là. Les nombreuses fondations du 20ème siècle en sont la preuve. Notamment, l’implantation de l’Ordre au Congo Belge (1920), en Indonésie (1926) et au Brésil (1934). 

On ne peut pas ne pas faire mémoire ici, du massacre de 23 pères et frères Croisiers à Buta (Province Orientale), où les mois précédents ils avaient été conduits de Bondo, par les rebelles. Le chef des rebelles, Christophe Gbenye se laissait photographier au milieu des missionnaires. Il leur disait : "Vous êtes ici bien mieux que ceux qui sont sous le régime central. Ce sont des francs-maçons ! Moi je suis catholique (et il montrait le chapelet). Je ne vous donnerai pas la chance d’être martyrs, mais si un bandit vient de la forêt, cela ne sera pas ma faute, et vous irez alors droit au ciel comme une flèche !"

La nuit 29-30 mai 1965, les Simba avaient permis à l’Evêque de Buta, Mgr Jacques Mbali, de visiter les prisonniers, accompagné d’un major. Ce dernier, à un certain moment, accuse l’Evêque d’avoir appelé et renseigné l’Armée Nationale Congolaise au moyen d’un poste émetteur secret. Les missionnaires interviennent en disant que jamais personne n’a entendu parler ni vu le moindre poste émetteur ; et que l’Evêque n’est pas un chef politique ou civil, mais leur Supérieur pour tout ce qui concerne le spirituel et l’apostolat. L’Evêque s’est avancé pour déclarer : "Si je suis coupable, je suis prêt à mourir. Fusillez-moi ici !". La nuit s’achève sans autre incident. Vers 17h du 30 mai, une soixantaine de Simba, dirigés par le major Philippe Likunde, ont tué et jeté dans le fleuve Rubi 23 Croisiers, 3 Capucins, 7 Frères de Saint Gabriel. Luc de l’Arbre témoigne :" Ils étaient tous fidèles. Nos martyrs et témoins de l’Amour en RD Congo", 2005, pp. 136-150.

En 1985, l’Ordre a ouvert une nouvelle communauté dans le Diocèse de Butembo: une maison de formation, un noviciat. La lumière est toujours là ! La célébration du jubilé de 800 ans d’existence de l’Ordre de la sainte Croix, est pour les Croisiers un moment d’action de grâce, un temps de remise en question et d’évaluation. Depuis le 14 septembre 2009, l’Ordre entier est entré dans un "pèlerinage jubilaire".

Les Croisiers veulent interroger le passé, pour bien vivre le présent et préparer l’avenir. La célébration de huit siècles d’existence doit se traduire en action de grâce et en recherche de nouveaux chemins pour proclamer que – ainsi que le dit la liturgie, c’est dans la Croix ‘notre salut’.

P. Musubao Kasebi Odilon, osc

Par Charles Pataya E'Mbangi - Publié dans : charlespataya
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 21:26

Introduction.

"Une, jeune fille de seize ans fut violée par six soldats et tirée de cinq coups de baïonnette parce qu'elle résistait". En écoutant ce témoignage, on songe directement à une victime africaine. Et pourtant ce témoignage est belge et a été recueilli en 1914 lors de l'invasion allemande, appelée "Viol de la Belgique[1]". Si l'usage du viol comme arme de guerre a toujours existé dans l'histoire des conflits, le vocable médiatisé du " viol comme arme de guerre" est récent[2].

Je veux analyser avec vous l'évolution de l'utilisation stratégique des violences sexuelle dans l'évolution des conflits. Il s'agit de montrer ici que la violence sexuelle est une arme de guerre intemporelle mais universelle dans l'histoire des conflits. Il s'agira ensuite de comprendre pourquoi le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille et une cible stratégique. Enfin, on analysera leurs conséquences à la fois individuelles et collectives.

1.    Une arme de guerre intemporelle et universelle

Contrairement à certaines idées reçues, le viol est une arme de guerre intemporelle et universelle. On ne peut recourir à des explications géographiques et culturelles qui prétendent que ce type de violences est lié à des cultures ou traditions barbares ou sauvages déterminées. Dans toutes les guerres, les violences sexuelles sont repérables, cependant elles varient dans leur étendue et prennent des stratégies différentes en fonction de la nature des conflits et du dessein politico-militaire à atteindre.

a. Préhistoire et Antiquité

L'histoire des guerres des tribus primitives et de l'Antiquité ont montré un soutien évident au viol comme arme de guerre en exploitant l'idée que les femmes conquises sont des objets de possession et de contrôle des hommes ainsi que des trophées du champ de bataille. Les viols et les pillages constituaient une motivation de recrutement et des avantages en nature offerts aux soldats en récompense pour les services rendus. Dans l'Ancien Testament, les tribus hébraïques envahissant Cana, par exemple, ont capturé différents butins de guerre parmi lesquels des femmes : "Moïse s'emporta contre les commandants des forces,(…) Il leur dit : Pourquoi avez-vous laissé la vie à toutes les femmes ? Ce sont elles qui, sur les conseils de Balaam, ont été pour les Israélites une cause d'infidélité à Yahvé dans l'affaire de Péor : d'où le fléau qui a sévi sur la communauté de Yahvé. Tuez donc tous les enfants mâles. Tuez aussi toutes les femmes qui ont connu un homme en partageant sa couche. Ne laissez la vie qu'aux petites filles qui n'ont pas partagé la couche d'un homme, et qu'elles soient à vous[3]". Nob 31, 14-18

Sous la Rome antique, Romulus et ses troupes utilisèrent le viol comme arme de guerre à des fins de domination et de procréation à grande échelle. Jusqu'au 20ème siècle, très peu de documents font référence au viol comme arme de guerre. Pourtant, selon Susan Brownmüller, le viol a bien accompagné les guerres de colonisation et de religion que les guerres des révolutions. Ces viols entraient dans une logique évidente de destruction des clans, de leur fierté et de leurs structures sociales.

c.   Période des grandes guerres

Il faut attendre la Première Guerre mondiale pour que le viol comme arme de guerre fasse l'objet d'une documentation plus consistante[4]. Dans cette stratégie de terreur, l'armée allemande a délibérément incendié des maisons, tué des civils, pillé des villages et violé de manière généralisée et systématique des femmes. Durant la Seconde Guerre mondiale, s'il y a eu une différence dans le comportement à l'égard des femmes entre les armées de libération et les armées de conquête et d'assujettissement. Chacune des parties s'est rendue coupable de viols, à des fins de domination, de terreur, d'humiliation et de génocide des « peuples inférieurs".

Malgré l'adoption en 1949 de la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des civiles en période de guerre, la seconde moitié du 20ème siècle est marquée par la continuation de violations graves au droit humanitaire international. On retrouve ainsi plusieurs cas de viol des femmes dans l'histoire des guerres à travers l'histoire de l'humanité. Comment expliquer cette prolifération de la violence sexuelle ?

On observe une évolution évidente de la nature et des stratégies des conflits au cours du 20 ème siècle :

-          Il y a une mutation des cibles stratégiques du militaire au civil.

-          La participation actives des civiles dans les guerres constitue le nouveau paysage des conflits.

-          Les zones de combats étaient, dans la mesure du possible, étaient limitées au champ de bataille, éloignées des populations civiles. Aujourd'hui, les conflits se caractérisent par une forte urbanisation et une certaine familiarité entre ennemis.

-          les zones de combats se sont étendues aux villes et villages où il y a un lien de proximité culturelle, géographique et sociale entre les agresseurs et leurs victimes.

-          Cette proximité favorise un sentiment de haine et de vengeance dans les relations interpersonnelles.

-          Les populations civiles, prises en otage entre les forces années, perdent leur neutralité et sont contraintes de choisir et de s'engager d'un côté ou de l'autre afin d'assurer leur protection.

Ce face à face de civils sans règles mène à une escalade des violences. La mort de civils n'est plus seulement un simple dommage collatéral mais fait partie d'une politique délibérée et stratégique de contrôle et de victoire sur l'ennemi. La militarisation accrue de la société civile et la prolifération des armes légères bon marché rendent difficiles les processus de paix et le vivre ensemble après un conflit interne. La guerre n'est plus une affaire de la classe politique seulement mais de toute la société.

Le corps des femmes comme champ de bataille

Les femmes sont davantage exposées que les hommes aux viols et autres formes de violences sexuelles en période de conflits en raison de l'exacerbation des relations de genre, du culte de la virilité ainsi que de l'effondrement des garde-fous sociaux. A cela, il faut ajouter un autre élément : leur appartenance à une identité ethnique et/ou religieuse, nationale, politique, etc.

 En effet, dans la plupart des sociétés, les femmes représentent "la construction symbolique de la communauté ou du groupe[5]". Associées en tant que symbole de l'identité culturelle, de la reproduction et de la survie de leur communauté, les femmes deviennent les cibles directes d'une propagande sexualisée des combattants. A travers l'humiliation et la violence infligées par le viol des femmes, c'est donc une société toute entière qui est symboliquement violée, détruite et dépouillée de son humanité.

Conséquences du viol comme arme de guerre

 

En temps de paix comme en temps de guerre, le viol de droit commun reste une expérience traumatisante pour la victime et son entourage. Les paramètres du viol comme arme de guerre sont plus complexes. Il se distingue en partie du viol de droit commun par son contexte de guerre, son haut degré de violences et par ses conséquences induites et recherchées, à la fois multidimensionnelles et collectives. Le viol vise à la fois une destruction physique et mentale de la victime et une destruction totale de l'organisation de sa communauté et/ou de son Etat.

Conséquences individuelles et collectives

Outres les nombreux traumatismes inhérents à la guerre, les victimes de viols comme arme de guerre subissent souvent des violences supplémentaires d'une gravité extrême et inacceptable : esclavage sexuel, prostitution forcée, actes de torture, mutilations sexuelles, grossesse et stérilisation forcée, etc. Après ces violences, les victimes sont lâchement assassinées- on pourrait même dire "délivrée" face à l'ampleur de l'horreur subie - ou abandonnées et laissées pour mortes. Le viol entrainent chez la victime des altérations de sa santé physique émotionnelle et psychologique, et ce pour le reste de sa vie[6]. Les victimes subissent un traumatisme profond accompagné d'un sentiment de honte et d'humiliation extrême - vu que le crime est souvent perpétré devant des témoins, des membres de la famille ou du village – d'une altération de l'estime de soi et d'une dévalorisation sociale.

Le viol comme arme de guerre vise également une destruction totale de la communauté et/ou de l'Etat adverse. Il a des conséquences désastreuses sur le plan social et des valeurs communautaires et sur le plan économique et juridique.

a.    Social : Les épouses violées sont pour la plupart rejetées par leurs maris qui ne supportent plus de vivre au quotidien avec le souvenir insupportable de la guerre et de l'humiliation subie. Les jeunes filles perdent tout espoir pour se reconstruire une vie avec l'espoir d'un foyer futur. La victime qui avoue publiquement avoir subi des sévices sexuels, jette le déshonneur sur l'ensemble de sa famille qui sera elle-même mise à l'écart de la communauté.

b.  Valeurs humaines et culturelles : Le viol réussit à gangréner en profondeur le tissu social et les valeurs humaines et culturelles de la communauté. Il s'inscrit en déshumanisant et en détruisant la communauté et ses futures générations. On ne peut rester sans craintes pour l'avenir des milliers d'enfants issus de ces viols, non désirés, rejetés voire persécutés par la population locale, ou ces enfants traumatisés témoins impuissants du viol et du meurtre de leur parents.

c.  Le viol a tellement été utilisé en toute impunité et de manière systématique qu'il tend à s'enraciner dans l'inconscient collectif comme un crime de droit commun parmi tant d'autres. Le renforcement de la pauvreté et du système patriarcal peuvent également expliquer ce regain de violences domestiques à l'encontre des femmes à l'issue des conflits armés.

d.   Justice et politique de l'impunité. Briser le silence : Bien que le viol soit souvent commis en public, son règlement reste considéré comme une affaire familiale et privée. Les femmes et les hommes ayant subis ces viols se sentent davantage coupables que victimes. Craignant la honte, le mépris et /ou les représailles de leurs agresseurs, il est très difficile pour les victimes de déclarer les faits aux rares centres médicaux et d'aide juridique existants. Or, parler et désigner le coupable, c'est rompre le silence et sortir de se sentiment injuste de culpabilité. Cette prise en charge psychosociale des victimes nécessite des compétences spéciales et des centres adaptés ; malheureusement difficiles à trouver dans une communauté totalement désorganisée et déchirée par la guerre. Les victimes doivent pourtant être écoutées et crues : c'est la première étape dans le processus d'évacuation du traumatisme.

Conclusion

Comme nous le prouvent certains écrits historiques, le viol est une arme de guerre universelle et intemporelle. Seule son utilisation stratégique est adaptée en fonction de la nature des conflits et du dessein politico-militaire poursuivi. Dans le cadre de ces stratégies de guerre, l'appartenance à une identité ethnique, religieuse, nationale et/ou politique des femmes a toute son importance. Le corps des femmes devient un véritable champ de bataille, une cible stratégique où le viol et les autres formes de violences sexuelles constituent des armes de guerre à des fins de reproduction à grande échelle ou à des fins de destruction de la victime et de sa communauté toute entière.

Les conséquences à la fois multidimensionnelles et collectives du viol sont dévastatrices. Au delà des lésions physiques et psychologiques qu'elles provoquent chez les victimes, c'est toute une communauté qui est souillée, humiliée et déshumanisée. En s'attaquant au corps des femmes, symbole communautaire par excellence surtout dans les sociétés patriarcales, ce type d'arme de guerre parvient à gangréner en profondeur les valeurs humaines et culturelles de la communauté et de ses générations futures. Elles détruisent l'ensemble du tissu social et l'organisation socio-économique. De plus, il reste difficile pour les victimes de sortir du silence, de porter plaintes afin d'ouvrir une enquête judiciaire par crainte de stigmatisation de la famille et/ou de représailles des agresseurs.

Face à cette politique d'impunité, les ONG doivent poursuivre leurs objectifs de sensibilisation et d'information auprès des populations victimes de cette stratégie politico-militaire et de renforcer leur plaidoyer politique auprès des instances internationales. La Communauté internationale, quant à elle, a la responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des civils. Elle a le devoir de garantir et de renforcer le respect du droit international humanitaire dont sont soumis les gouvernements nationaux.

 



[1] S. Brouwnmiller, Le viol. Paris, Stock, 1976, p.55

[2] Le vocabulaire du viol comme arme de guerre est apparu dans les années 1990 lorsque la Communauté internationale s'est horrifiée face aux répercussions des viols et autres formes de violences sexuelles systématiques et généralisées à l'encontre des femmes en Bosnie et au Rwanda.

 

[3] "Or les prises, le reste du butin que la troupe partie en campagne avait razzié, se montaient à six cent soixante-quinze mille têtes de petit bétail, 33 soixante-douze mille têtes de gros bétail, 34 soixante et un mille ânes, 35 et, en fait de gens, de femmes n'ayant pas partagé la couche d'un homme, trente-deux mille personnes en tout. 36 La moitié en fut assignée à ceux qui avaient fait campagne, soit trois cent trente-sept mille cinq cents têtes de petit bétail, 37 dont six cent soixante-quinze en redevance pour Yahvé, 38 trente-six mille têtes de gros bétail, dont soixante-douze en redevance pour Yahvé, 39 trente mille cinq cents ânes, dont soixante et un en redevance pour Yahvé, 40 et seize mille personnes, dont trente-deux en redevance pour Yahvé. 41 Moïse donna à Éléazar le prêtre la redevance prélevée pour Yahvé, comme Yahvé l'avait ordonné à Moïse". Nbr 31, 32-41.

[4] Selon l'historien A. J.Toynbee, l'année allemande utilisa le viol comme arme de guerre sur la population locale belge et française afin de créer " délibérément une compagne de terreur pendant les trois premiers mois de la guerre. S. Brouwnmiller, Le viol. Paris, Stock, 1976, p.55

[5] C. KENNEDY-PIPE and P. SANLEY, " Rape in war: lessons of Balkan conflicts in the 1990s" in The International Journal of Human Rights. Vol.4 (3), 2000, p.69

[6] Les symptômes de cette souffrance morale sont nombreux : cauchemars, aménorrhées, maladies à répétition, troubles obsessionnels du comportement, phobie du contact physique, frigidité, etc. Quant aux altérations physiques, elles sont également multiples et irréparables : destruction des organes reproducteurs suite aux avortements clandestins ou aux mutilations sexuelles, contamination de maladies sexuellement transmissibles (danger également pour le partenaire, le mari et le futur enfant) et des problèmes de santé génésique ou gynécologiques chroniques (stérilité, fistules génitales, rupture de la paroi de l'anus et du vagin, incontinence, cystite inflammatoire. etc.).

 

Par Charles Pataya E'Mbangi - Publié dans : charlespataya
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 21:19

Recovering Reconciliation as the Mission of God: Ten Theses

 

1. Reconciliation is God’s gift to the world. Healing of the world’s deep brokenness does not begin with us and our action, but with God and God’s gift of new creation. When we neglect the story of God’s life and action, reconciliation may become popular, but its content will always remain vague. Christians often try to fix the brokenness of the world in a way that puts either us or the world at the center. In responding to the urgent needs of the world, our first question ought not be “what should we do?” but rather “what is going on?” The story of our lives and the story of the world begin with what God has already accomplished. The center of that story is Jesus Christ—“Therefore if anyone is in Christ, the new creation has come … God was reconciling the world to himself in Christ” (II Cor 5:17-19, TNIV). When reconciliation is connected to God’s story and life, the invitation to be ambassadors of God’s reconciliation in the world is made clear and urgent.

2. Reconciliation is not a theory, achievement, technique, or event. It is a journey. Scripture is central to the ministry of reconciliation because it both points to the specific end toward which the journey leads and shapes the particular path of our journey as we engage the deep brokenness of real places and lives. Without the unique stories of scripture, we cannot cultivate the imagination necessary to live into the gifts and challenges of the journey of reconciliation.

3. The end toward which the journey of reconciliation leads is the shalom of God’s new creation—a future not yet fully realized, but holistic in its transformation of the personal, social, and structural dimensions of life. A key question must always be “reconciliation toward what?” Reconciliation is not merely about getting along with neighbors or feeling at peace with God. It cannot be reduced solely to the personal or to the social dimension. It is not merely a political end to conflict nor mediation without healing. Reconciliation must never become a tool of the powerful to preserve the status quo. Rather, reconciliation is always a journey of transformation toward a new future of friendship with God and people, a holistic and concrete vision of human flourishing.

4. The journey of reconciliation requires the discipline of lament. We say “discipline” because lament is the hard work of learning to see and name the brokenness of the world. To the extent we have not learned to lament, we deal superficially with the world’s brokenness, offering quick and easy fixes that do not require our conversion. The discipline of lament not only allows us to see the depth of the world’s brokenness (including our own and the church’s complicity in it); it also shapes reconciliation as a journey that involves truth, conversion, and forgiveness.

 

5. In a broken world God is always planting seeds of hope, though often not in the places we expect or even desire. Reconciliation requires hope. But the ability to hope also requires training. Hurried attempts at success in reconciliation can mask a desire to short circuit the journey of reconciliation, revealing our inability to recognize and live with the signs of a new creation God gives. At the same time, it is easy to despair and give up hope in a broken world. The journey of reconciliation involves learning to see and embody signs of hope as well as training to live with hopeful patience in the sluggish present. 

6. There is no reconciliation without memory because there is no hope for a peaceful tomorrow which does not seriously engage both the pain of the past and the call to forgive.Reconciliation without memory” and “justice without communion” are both failures to remember well—the first by forgetting the wounds of history, the second by forgetting the promise of resurrection and the call to forgiveness. A Christian vision of reconciliation provides resources to avoid both of these temptations by remembering the wounds in Jesus’ resurrected body.

7. Reconciliation needs the church, but not as just another social agency or NGO. Reconciliation is not the ministry of experts. It is God’s gift to “anyone in Christ.” Christians learn what it means both to be reconciled and to be ambassadors of reconciliation in and through the church, which is called to be a “demonstration plot” of the social existence made possible by God’s gift of reconciliation. The church’s vocation is to be an interruption of the story of division and violence in the world, pointing to the peace of God’s new creation. Without such interruption, we would not even know the alternative that is made possible by God’s new creation. In order to be a sign and agent of reconciliation, the church must inspire and embody a deeper vocation of hope in broken places. We do this through our presence in local places and in the everyday and ongoing practices of building community, fighting injustice, and resisting oppression, while also offering care, hospitality and service—especially to the alien and the enemy. 

8. The ministry of reconciliation requires and calls forth a specific type of leadership that is able to unite a deep vision with the concrete skills, virtues, and habits necessary for the long and often lonesome journey of reconciliation. We have many experts in reconciliation, but not many leaders. Reconciliation requires leaders who are rooted in God’s vision of the beyond while at the same time working patiently in the thick stubbornness of the now. Formation and conversion produce such leaders, requiring not only good mentors but also a lifestyle marked by prayer, courage, joy, and practical wisdom.

9. There is no reconciliation without conversion, the constant journey with God into a future of new people and new loyalties. Broken by sin, we do not long for what God wants. The world and its dividing lines such as nation, ethnicity, race, sex, power, and caste resist the new creation of God’s beloved community where there is “neither Jew nor Greek, slave nor free, male nor female” (Galatians 3:28). Self-interest easily becomes the goal of relationships, and loyalty to one’s own group easily becomes the aim of politics. Reconciliation thus requires a transformation of desire, habits, and loyalties. This is a long and costly journey which is impossible without God’s forgiveness and grace. But there is reason to hope: God has promised to give us everything we need for this transformation.

  10. Imagination and conversion are the very heart and soul of reconciliation. Reconciliation is about learning to live by a new imagination. God desires to shape lives and communities that reflect the story of God’s new creation, offering concrete examples of another way and practices that engage the everyday challenges of peaceful existence in the world. That is why the work of reconciliation is sustained more through story-telling and mentoring than by training in techniques and how’to’s. Through friendship with God, the stories of scripture and faithful lives, and learning the virtues and daily practices those stories communicate, reconciliation becomes an ordinary, everyday pattern of life for Christians.

 

Par Charles Pataya E'Mbangi - Publié dans : Centre Pastoral d'Ecoute et d'Accompagnement Saint
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 21:02

THE CENTER FOR LISTENING AND ACCOMPANYMENT

 

(Pastoral Center for Counseling and inner healing)

 

HOLY CROSS – MULO

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1.        General Context of the Country
 
The history of the DRC has been marked by violence since its independence from Belgium in 1960. Many people have been traumatized by the ferocity of the violence. Men, women, children, old folks  were not only massacred but also raped, tortured, limbs and other body parts cut off, burned alive, thrown into latrines. More than four million people were killed the last ten years and continue to be killed till now.
Fighting between local militias and the Congolese National Army still flares up even though the presidential elections in 2006 gave promise of the cessation of warfare. Thousands of people are forced, even now, from their homes. For the most people in the Congo, particularly the northern Kivu, upheavals and moving have become commonplace since the war began. Because of the fear of being attacked by armed groups, people are prevented from going to their fields, and malnutrition is one result of the ongoing violence.
  Rape is used as a tool to terrorize the population, and the number of cases increases with each new outbreak of fighting and attacks. It has happened that husbands and children were forced to assist at the rape of their wives or mothers. It has happened that parents have had to assassinate their own children. The ferocity of the violence has resulted in a climate of extreme hatred and also in the dehumanization of the victims[1]. Rapes have been reduced to four types:
a. the rape of an individual;
b. the collective rape of an individual;
c. forced rape such as that between members of a family;
d. the use of objects penetrating the genitals of the victims.
Numerous rapes have been accompanied by torture and eventual death of the victims.  While young girls under 18 are particularly targeted (close to 40 percent), the most affected age group is between the ages of 19 and 45 (55 percent). These are the women who work in the fields in order to provide for their families. The acts of aggression against them take place mainly in the fields but also on the roads used to get there. Consequently, women limit their travel.

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Some victims become carriers of HIV-AIDS. There is a stigmatization of the victims in the society that goes with a fear of contacting AIDS. This is one of the main reasons why husbands of raped women often ignore them or separate from them. Certain husbands demand that their wives undergo a test to assure that they do not have aids. This is costly however, and some women just can't afford it. This situation leads to numerous divorces and sad consequences for the children of these families.
Numerous women have babies from these forced unions which complicates family relationships. Nobody in the family wants anything to do with these children who are forced on the family. In all of this, is there a place for healing relationships, forgiveness, support and reconciliation?
There are child soldiers who for years have led a life of stealing, raping and killing under the effects of drugs. These merit a special attention in order to help them find their real selves and to reintegrate into society. The ordinary poverty of the milieu is doubled for people who are displaced and mental difficulties result in some cases.
Today, even more than three years after the conclusion of the war, many main highways are impassable due to insecurity. Armed groups with diverse backgrounds and aims still plague this strategically and economically important region of North- Kivu, making any journey treacherous and bringing misery to the lives of the population. Many live in the bush without adequate shelter, water, medical care or food and under the continuous threat of insecurity.
      These traumatizing experiences, prolonged and repeated, provoke serious problems of mental health.  We are presently witnessing a growing number of persons suffering from mental problems and clinical depression.  Among the traumatizing events, we can name the following for a sampling:  the recruitment of minors into the various military groups, rape and other sexual abuse, physical restraint and mutilations of all sorts, the misery of hunger caused because people are deprived of caring for their fields as they are forced to flee their homes to hide in the bush because of the frequent passage of various military groups, and the precocious introduction of youth into adult responsibilities.  All these happenings have their effect on the physical and mental well-being of a person who is victim to these atrocities.
      The complexity and the gravity of psychosocial problems among persons who are victims of armed conflict necessitate the development of a way of dealing with these that has a psychosocial base at the level of community.  The reinforcement of services and care for persons suffering from mental problems that are severe and persistent is of major importance.
      This is why, the Listening and Accompanying Center of Mulo proposes that the students of the psychology program at Holy Cross College become involved in helping to develop local village groups that can help to spot people needing assistance as well as to serve as helpers themselves in the village context by informing others of the problems and making them sensitive to the issues and the people involved.
 
 
2.        Objectives of the Center for Listening
 
      The Center for Listening and Accompanying opened its doors on November 10, 2007. The center is a place for listening to and accompanying persons who are in crisis and especially those traumatized by the after-effects of the war which afflicted the people of the Democratic Republic of the Congo (DRC) for the last two decades.  Its principal goal is to participate actively and effectively in bringing about a consciousness of the importance of mental health as the country strives to revive itself after almost two decades of warfare.  Following are the objectives of the Center :
 

  •  To implicate the community in the detection of major problems of mental health which are perceived in individual persons, and then make a reference to the Center so that the person can be interviewed and treatment begun.
  • To make information available and to sensitize the population, and especially other professional people, about mental health and its promotion and the treatment of problems.
  •   To see that the mental health professionals and students work together with the local leaders and others in the promotion of mental health.
  •   The organization of lectures, conferences and seminars for research and the dissemination of information to families, couples and individuals.
  •   To assure the necessary theoretical and practical help for psycho-medical-social intervention in families or for individuals where there is need.
  •   To serve as a field of application for the formation of students who are studying clinical psychology.
 
      The Center received each person who presented him (her)self  as having problems of health in general and mental health problems in particular.  For those persons having physical or organic health problems which do not necessitate counseling or psychological treatment, having made an assessment, the Center orients them either to the General Hospital at Lubero (three miles away)  or to the Health Center at Mulo (next door).  With the sick, we apply the psychology of health which is the connection between the psychological state and physical health.  We are preoccupied with the well-being of the person as a whole, and so we are interested in the prevention of sickness by the way a person lives, one’s activities, emotional reactions, way of interpreting events and characteristics of the personality which have their impact on physical health.  We will indicate below the number of people in this category.
 
  
Where?
 
            The center for pastoral counseling would be situated in the neighborhood of Mulo, in the city of Lubero, the territory of Lubero, about 120 miles from Goma, the capital of the Province of Noth- Kivu, Democratic Republic of the Congo. We have chosen Mulo- Lubero because it often serves as a refuge for displaced people in the whole region of North-Kivu, and also for students who come to study both at the high school and college levels. The center will be established in collaboration with the clinical psychology faculty of the Holy Cross College of Mulo and under the supervision of the community of the Crosiers Fathers and Brothers of Mulo.
                                                                      
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5.     How does it function?
 
The center for pastoral counselling and inner healing has a permanent place to welcome people in crisis and a staff of counsellors for listening. The crosiers Fathers and Brothers assure the welcome and the first encounters. A nurse, with psychotherapists are available for the center. For medical necessities the center wil collaborate with the health center of Mulo.  Workshops for formation of the various levels of society are organized at the center and 12 local comities – in different villages- were formed for moving among the villages for sensibilization.
 
6.     Funds to get the project going?
 
      To get the project moving and to assure its continuity we need a revolving fund 50 000 $ minimum (fifty thousands dollars) each year for:
  • locating a house to shelter the Counselling Center
  • Equipment for the office:  tables, chairs and others things necessary for an office
  • Salary for the personnel
  • Funds available for the  workshops for formation and other means of sensibilization
  • Funds for medical laboratory and examinations when necessary
  • Some equipment and medicines for routine use in treatment of victims.
  • Etc.


    [1] Testimony of a rape victim, March 2003 in North-Kivu: When war came to my village, I fled in the company of others. Having arrived in a small village, armed men separated us out according to ethnic groups. The women of my ethnic group were then collectively rape. Those who resisted were beaten and their husbands were raped in front of their eyes. Certain women were raped while lying on the backs of their husbands. As for me, I was tied to stakes on the ground and nine men amused themselves with me each one taking his turn. One of them threatened to shoot a bullet into my vagina, after which he giggled and then contented himself to urinate on me. He was amused at seeing me weep and cry out. Today, after two months of walking on the road, I have arrived at my village with complications in my genitalia.

    Par Charles Pataya E'Mbangi - Publié dans : Centre Pastoral d'Ecoute et d'Accompagnement Saint
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